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"Le scandale de l'illétrisme"

 
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Kaeso
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PostPosted: Sun 9 Sep - 18:25    Post subject: "Le scandale de l'illétrisme" Reply with quote

Un grand hebdomadaire français titre cette semaine : "Le scandale de l'illétrisme". On nous y rappelle que 40 % des collégiens n'auraient pas le niveau. Et l'orthographe est pointée du doigt :
Pas de chance pour les écoliers français. Notre orthographe est l'une des plus difficiles au monde. Pour une raison bête comme chou. Ce n'est pas parce qu'on entend un son qu'on saura l'écrire (« saint» se prononce comme «ceint», «sein» ou «sain», etc.). Les linguistes parlent de régularité entre les sons et les lettres. D'un pays à l'autre, elle varie du simple au double. Elle est de 97%, par exemple, pour l'espagnol ou l'italien, de 98-99%, pour le finlandais ou le danois, mais seulement de 55% pour le français. Sans parler des problèmes d'accord, de lettres qui ne sont pas prononcées. De quoi s'arracher les cheveux. Là où un petit Espagnol mettra quelques mois à maîtriser les bases orthographiques, il faudra des années pour un Français. C'est que, dans beaucoup de pays, l'orthographe s'est simplifiée, «phonétisée», au fil des siècles. En France, non. «Notre langue est très conservatrice», reconnaît le linguiste Alain Bentolila, qui vient de publier «Urgence école : le droit d'apprendre, le devoir de transmettre» (Odile Jacob). Centralisme linguistique, institutionnalisation... Dès le XVIIe siècle, avec la naissance de l'Académie française, s'instaure le pouvoir du dictionnaire, référence de la langue. «Le français a été créé par des professionnels de l'écrit qui ont voulu faire une orthographe pour l'oeil», indique Jean- Pierre Jaffré, linguiste au CNRS. Avec ses rigidités et ses absurdités. Pour la troisième édition du dictionnaire de l'Académie, en 1738, les imprimeurs n'avaient plus assez d'accents, ils ont mélangé les aigus, les graves et les circonflexes, quand ils n'en ont pas tout simplement oublié. Et les écoliers, trois siècles plus tard, continuent d'apprendre consciencieusement la liste des exceptions. D'où le débat, récurrent, sur une simplification de l'orthographe française. Les tentatives sont pour l'instant restées lettre morte. L'«arrêté de tolérances orthographiques», en 1901, qui nettoyait notamment les règles des accords, n'a jamais été appliqué. Pas plus que le toilettage de 1990, qui a modifié la graphie d'environ 2 000 mots. Vous ne le savez sans doute pas, mais vous avez le droit d'écrire portemonnaie, naitre, événement, nénufar et ognon...
N. F.


J'en connais un qui ne restera pas indifférent à cet article : cher ortograf-fr, qu'en pensez-vous ?
Tout le monde, bien sûr, peut réagir à cet article.
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Petitefee2511
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PostPosted: Mon 10 Sep - 15:02    Post subject: "Le scandale de l'illétrisme" Reply with quote

Bouhhhhhhhhhh alors oui c'est pour ça qu'il y a autant d'illétrés, c'est trop dur alors simplifions l'orthographe, on pourrait essayer le style sms aussi, comme ça dans 20 ans on passe à 0 % d'illétrés, mouais Rolling Eyes . C'est sûr il est plus facile de faire ce genre de proposition que de revoir les méthodes d'apprentissage.
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Petite Fée
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marinella
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PostPosted: Wed 12 Sep - 07:13    Post subject: "Le scandale de l'illétrisme" Reply with quote

Est-on sûr que les "simplifications" apportées ces dernières années allaient réellement dans le sens du plus simple pour les élèves ?
Je cite l'exemple du vingt ou du cent, qui peuvent maintenant rester accordés même s'ils sont suivis d'un autre mot nombre. Alors que l'on devait écrire quatre-vingts mais quatre-vingt-neuf ou trois cents mais trois cent quatre, on devrait maintenant conserver le "s" pour quatre- vingts-neuf et trois cents quatre. C'était ce s que les élèves oubliaient et dorénavant, ils devraient le mettre tout le temps.
De même, on devrait maintenant écrire quatre-mille-huit-cent-cinquante-sept au lieu du quatre mille huit cent cinquante-sept (tiret seulement entre les dizaines et les unités). Cela aussi, est-ce plus simple ?
Les problèmes que nous rencontrons dans les classes sont essentiellement des problèmes d'accords simples (noms - adjectifs épithètes ou attributs et sujet-verbe) et des "essais" de transcription phonétique au petit bonheur la chance et au coup par coup.
Hier, une élève de CM1 a écrit dans le même exercice "infinitée de points" et "infiniter de points" alors que le livre de mathématiques ouvert sous ses yeux lui donnait la bonne orthographe. Il s'agit plus d'un problème de méthode et d'attention visuelle que d'un réel problème d'orthographe trop "difficile".
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Kaeso
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PostPosted: Wed 12 Sep - 09:36    Post subject: "Le scandale de l'illétrisme" Reply with quote

Je pense aussi à un problème de méthode : la transversalité devient parfois un joyeux mélange où il est dur de s'y retrouver ; il est louable de faire des liens entre les disciplines, en effet, par exemple, la maîtrise de la langue est nécessaire dans toutes les matières (quand on lit l'énoncé d'un problème, on effectue d'abord un travail de lecture ...), mais parfois, trop de liens rime avec sac de noeuds ! Exemple : en pleine leçon d'histoire, en écoutant en extrait de De Bello Gallico, La guerre des Gaules de ce cher César, il faudrait s'arrêter et pointer les points de grammaire cachés dans le texte et étudiés la veille ! Voici ce qu'on peut lire dans le grand hebdomadaire français cité plus haut :

Pour donner du sens encore, le ministère demande aux instituteurs de travailler le français dans toutes les matières, selon la fameuse règle de la «transversalité». «On est censé arrêter la leçon de géographie, faire ouvrir les cahiers de français, copier une phrase du cours et la travailler... Cela rompt la dynamique, et les élèves, en particulier les plus fragiles, ne s'y retrouvent pas», explique un instituteur de CM1 . Cela peut même tuer le plaisir. «C'est un leurre de croire qu'on va lire une oeuvre littéraire, et qu'on va en tirer des règles d'orthographe, poursuit une de ses collègues. Si on commence à découper les phrases, à les disséquer, on se déconnecte du sens et on assèche le rapport à la littérature.»
Toutes ces pratiques sont filles de la pédagogie «constructiviste», où l'élève est censé «construire son apprentissage». «En ORL (observation réfléchie de la langue), il faut que la règle soit découverte, comprise, et qu'elle soit réinvestie dans des exercices», explique Vincent, instituteur de CE2 dans l'Essonne. «L'intention est louable, mais quand il faut l'appliquer dans toutes les matières, elle fait perdre un temps infini, lâche une autre institutrice de CE2. Ce temps nous manque ensuite pour faire les exercices d'application et assurer les acquis.» Les familles ne s'y trompent pas. En octobre 2006, un sondage TNS-Sofres révélait que, pour 73% des parents, la grammaire et l'orthographe sont moins bien enseignés qu'avant.
C. B.


Et encore ceci :

Entre 1956 et 1969, on comptait quinze heures de français par semaine. En 1969, plus que dix. En 1990, les maîtres se sont vu allouer une enveloppe globale - entre neuf heures trente et treize heures trente - pour traiter à la fois le français, l'histoire, la géographie et l'éducation civique. Aujourd'hui, cette fourchette est tombée entre neuf et dix heures. Pourquoi cet écrêtage progressif ? D'abord, parce que, selon les auteurs des programmes, les élèves sont supposés «faire» du français dans toutes les matières (la fameuse «transversalité»). Ensuite, parce qu'il a bien fallu caser l'anglais, l'éducation artistique ou l'éducation civique, introduits à l'école pour créer le fameux «bain culturel» cher à Jack Lang. Mais ce choix ne convainc pas les experts. «En réduisant le temps d'apprentissage systématique de l'écriture, des règles de grammaire, des familles de mots... les élèves apprennent moins bien et moins vite le français», juge Anne-Marie Chartier, professeur à l'Institut national de Recherche pédagogique (INRP) . «Moins une compétence est automatisée et plus elle nécessite d'attention et de place dans notre mémoire de travail», ajoute Jean-Pierre Jaffré, linguiste au CNRS. Du coup, si un élève fait un exercice simple, comme une dictée, l'orthographe résiste. Mais si on lui demande un exercice plus complexe, comme de rédiger un texte de son cru, il n'arrive pas à tout faire. D'où ces copies truffées de fautes.
Les très bons élèves se débrouillent. Mais pour les moyens, et a fortiori les plus fragiles, cette réduction des horaires équivaut au régime de la double peine. Ils partent avec un handicap, et la politique ministérielle, en les privant d'une imprégnation suffisante, les précarise un peu plus.
C. B.


Pour ma part, je ressens ce manque de temps (systématique) ou non consacré à l'apprentissage de la langue : monter l'emploi du temps est un casse-tête pour le début de l'année, et je le modifie toujours en cours de route ; en respectant les consignes horaires du Ministère, c'est presque mission impossible pour "boucler le programme" en français, ou alors pour en aborder tous les points consciencieusement.
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cilice
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PostPosted: Wed 12 Sep - 13:02    Post subject: "Le scandale de l'illétrisme" Reply with quote

Pour moi, tranversalité a un autre sens: j'ai vu, l'an dernier, une professeur de collège de cinquième, exiger en histoire géographie, des synthèses écrites à ses élèves alors que le professeur de français, englué entre ses non-lecteurs et ses "dysorthographiques vs dyslexiques Mr. Green " n'avait guère de temps à consacrer à l'expression écrite avec quatre mauvaises heures par semaine.
Franchement, le bilan est globalement positif.
J'ai vu aussi le professeur de maths, en sixième, dans le même collège, passer la première semaine de cours de maths sur l'orthographe des chiffres et nombres et exiger l'apprentissage par cœur de toutes les règles, traits d'union compris, devoir écrit à la maison à la clé, pour l'édification des enfants et parents. C'était à faire et il l'a fait. Okay
Une tranversalité bien vue et efficace, pour peu que les élèves jouent le jeu. En principe, d'ailleurs, c'est pour cela qu'ils sont scolarisés?
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marinella
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PostPosted: Wed 12 Sep - 14:55    Post subject: "Le scandale de l'illétrisme" Reply with quote

Ah ! Là, oui, il s'agit d'une transversalité utile et qui nous change du "De toute façon, le prof n'enlève pas de points pour l'orthographe, alors !!!".
Je suis en train de tenter une nouvelle expérience avec mes CE1.
Jusqu'à maintenant, je notais "très bien", "bien", "assez bien", "moyen" ou "insuffisant" le travail sur le cahier du jour (étude de la langue ou mathématiques) et les élèves savaient qu'ils ne pouvaient avoir de "très bien" s'il y avait des fautes de copie, mais cela ne les touchait guère... Après tout, avoir "bien", ce n'est pas mal non plus.
Depuis lundi, chaque série d'exercices est notée sur 10 et j'enlève un demi-point par faute de copie. J'espère que les deux 10/10 d'I. vont montrer aux autres que ce n'est pas insurmontable et qu'un peu d'attention suffit.
Si cela marche pour les fautes de copie, je compliquerai un peu la sauce en réclamant les accords articles-noms-adjectifs, d'abord pour les pluriels puis aussi pour les féminins "qui ne s'entendent pas" et une orthographe correcte pour les mots très usuels (ce sont des CE1, ils ont à peine quelques mois de lecture derrière eux, je ne peux pas leur demander l'impossible non plus).
Je vous tiens au courant.
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Atchoum
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PostPosted: Thu 13 Sep - 06:50    Post subject: "Le scandale de l'illétrisme" Reply with quote

Quote:
Entre 1956 et 1969, on comptait quinze heures de français par semaine. En 1969, plus que dix. En 1990, les maîtres se sont vu allouer une enveloppe globale - entre neuf heures trente et treize heures trente - pour traiter à la fois le français, l'histoire, la géographie et l'éducation civique. Aujourd'hui, cette fourchette est tombée entre neuf et dix heures. Pourquoi cet écrêtage progressif ? D'abord, parce que, selon les auteurs des programmes, les élèves sont supposés «faire» du français dans toutes les matières (la fameuse «transversalité»). Ensuite, parce qu'il a bien fallu caser l'anglais, l'éducation artistique ou l'éducation civique, introduits à l'école pour créer le fameux «bain culturel» cher à Jack Lang. Mais ce choix ne convainc pas les experts. «En réduisant le temps d'apprentissage systématique de l'écriture, des règles de grammaire, des familles de mots... les élèves apprennent moins bien et moins vite le français», juge Anne-Marie Chartier, professeur à l'Institut national de Recherche pédagogique (INRP) . «Moins une compétence est automatisée et plus elle nécessite d'attention et de place dans notre mémoire de travail», ajoute Jean-Pierre Jaffré, linguiste au CNRS. Du coup, si un élève fait un exercice simple, comme une dictée, l'orthographe résiste. Mais si on lui demande un exercice plus complexe, comme de rédiger un texte de son cru, il n'arrive pas à tout faire. D'où ces copies truffées de fautes.
Les très bons élèves se débrouillent. Mais pour les moyens, et a fortiori les plus fragiles, cette réduction des horaires équivaut au régime de la double peine. Ils partent avec un handicap, et la politique ministérielle, en les privant d'une imprégnation suffisante, les précarise un peu plus.
C. B.

Totalement d'accord et le problème ne touche pas que le primaire et que le Français.
J'ai vu hier une élève (sérieuse) de Terminale S se perdre dans un calcul car elle maîtrisait mal les tables de multiplication et la notion de puissance!
Cette volonté de tout enseigner est une véritable cata. Il vaudrait beaucoup mieux restreindre le nombre de matières et de connaissances mais s’assurer d’une maîtrise parfaite.
La "transversalité" a prouvé depuis longtemps qu'elle ne compensait pas les diminutions d'horaire qu'elle impose. Tout le monde le sait mais c'est "moderne". Revenir en arrière, c'est "ringard". Alors on continue.... et les enfants trinquent!
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anne
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PostPosted: Fri 14 Sep - 09:29    Post subject: "Le scandale de l'illétrisme" Reply with quote

Je suis également d'accord avec ces propos.
Ma fille a vu beaucoup de choses en primaire, mais non maîtrisées : tant en français qu'en math. Elle est en 1ère S. C'est une bonne élève, mais nous lui refaisons faire régulièrement des calculs de pourcentage ou poser des divisions, par exemple. Les automatismes ne sont pas acquis. Pour les tables de multiplication en primaire : je les avais imprimées en A3 et affichées dans les toilettes. Laughing
En Français, elle n'a eu ses 1ères leçons écrites de grammaire qu'en... 4ème!!! Si, si!! Shocked
Je donne des cours d'allemand en soutien et aucuns de mes collégiens ne sait analyser correctement une phrase...
En 2nde, donc l'année dernière pour ma fille, un élève a rendu un devoir d'Histoire avec 140 fautes dans sa copie!! Le prof ne lui a pas enlevé de points et lui a seulement fait une réflexion orale... Je ne trouve pas ça normal.
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Kaeso
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PostPosted: Fri 14 Sep - 10:27    Post subject: "Le scandale de l'illétrisme" Reply with quote

Comme dit l'autre, "Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement, et les mots pour le dire viennent aisément" ... (N. Boileau)
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Asfaloth
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PostPosted: Sat 15 Sep - 10:25    Post subject: "Le scandale de l'illétrisme" Reply with quote

marinella wrote:

...
Les problèmes que nous rencontrons dans les classes sont essentiellement des problèmes d'accords simples (noms - adjectifs épithètes ou attributs et sujet-verbe) et des "essais" de transcription phonétique au petit bonheur la chance et au coup par coup.
Hier, une élève de CM1 a écrit dans le même exercice "infinitée de points" et "infiniter de points" alors que le livre de mathématiques ouvert sous ses yeux lui donnait la bonne orthographe. Il s'agit plus d'un problème de méthode et d'attention visuelle que d'un réel problème d'orthographe trop "difficile".


La majorité des fautes que je constate dans les écrits de mon fils, sont liées à l'absence totale des règles de bases les plus élémentaires de grammaire. Se sont pourtant les plus faciles. Si l'on ne connait par l'orthographe d'un mot, il n'y a pas de rattrapage possible. Mais savoir qu'un adjectif s'accorde en genre et en nombre avec le nom, un verbe avec un sujet, savoir que la majorité des mots en "té" ne prennent jamais de "e" même lorsqu'ils sont au féminin, savoir que le participe passé s'accorde en genre et en nombre avec le sujet lorsqu'il est utilisé avec l'auxillaire être et pas lorsqu'il est utilisé avec l'auxillaire avoir. Que dans ce cas, il s'accorde avec le cod lorsqu'il est placé devant.
Ce n'est pas bien compliqué une fois qu'on a retenu celà... sauf qu'il faudrait qu'il soit fichu de reconnaître un adjectif d'un nom, de répérer un verbe et son sujet, et un cod.
Il faut dire aussi que je ne l'ai jamais vu faire de grammaire.
Et moi je ne suis que la maman, alors même si je le lui serine de temps à autres, il ne m'écoute même pas du quart de la moitié d'une oreille.
Il me faut préciser que mon fils adore faire des dictées en classe, il a toujours d'excellente notes.
J'en suis toujours abasourdie.
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PostPosted: Thu 20 Mar - 23:31    Post subject: Re: "Le scandale de l'illétrisme" Reply with quote

Kaeso wrote:
Un grand hebdomadaire français titre cette semaine : "Le scandale de l'illétrisme". On nous y rappelle que 40 % des collégiens n'auraient pas le niveau. Et l'orthographe est pointée du doigt :
Pas de chance pour les écoliers français. Notre orthographe est l'une des plus difficiles au monde. Pour une raison bête comme chou. Ce n'est pas parce qu'on entend un son qu'on saura l'écrire (« saint» se prononce comme «ceint», «sein» ou «sain», etc.). Les linguistes parlent de régularité entre les sons et les lettres. D'un pays à l'autre, elle varie du simple au double. Elle est de 97%, par exemple, pour l'espagnol ou l'italien, de 98-99%, pour le finlandais ou le danois, mais seulement de 55% pour le français. Sans parler des problèmes d'accord, de lettres qui ne sont pas prononcées. De quoi s'arracher les cheveux. Là où un petit Espagnol mettra quelques mois à maîtriser les bases orthographiques, il faudra des années pour un Français. C'est que, dans beaucoup de pays, l'orthographe s'est simplifiée, «phonétisée», au fil des siècles. En France, non. «Notre langue est très conservatrice», reconnaît le linguiste Alain Bentolila, qui vient de publier «Urgence école : le droit d'apprendre, le devoir de transmettre» (Odile Jacob). Centralisme linguistique, institutionnalisation... Dès le XVIIe siècle, avec la naissance de l'Académie française, s'instaure le pouvoir du dictionnaire, référence de la langue. «Le français a été créé par des professionnels de l'écrit qui ont voulu faire une orthographe pour l'oeil», indique Jean- Pierre Jaffré, linguiste au CNRS. Avec ses rigidités et ses absurdités. Pour la troisième édition du dictionnaire de l'Académie, en 1738, les imprimeurs n'avaient plus assez d'accents, ils ont mélangé les aigus, les graves et les circonflexes, quand ils n'en ont pas tout simplement oublié. Et les écoliers, trois siècles plus tard, continuent d'apprendre consciencieusement la liste des exceptions. D'où le débat, récurrent, sur une simplification de l'orthographe française. Les tentatives sont pour l'instant restées lettre morte. L'«arrêté de tolérances orthographiques», en 1901, qui nettoyait notamment les règles des accords, n'a jamais été appliqué. Pas plus que le toilettage de 1990, qui a modifié la graphie d'environ 2 000 mots. Vous ne le savez sans doute pas, mais vous avez le droit d'écrire portemonnaie, naitre, événement, nénufar et ognon...
N. F.


J'en connais un qui ne restera pas indifférent à cet article : cher ortograf-fr, qu'en pensez-vous ?
Tout le monde, bien sûr, peut réagir à cet article.

Je ne comprends pas pourquoi cet article m'a échappé. Sans doute ai-je attendu, dans un premier temps, qu'il y ait  suffisamment de réactions.

En fait, pour que la réforme nécessaire puisse se faire, il y a deux problèmes qui doivent être réglés en même temps.


1°) Le problème de l'optimisation de la réforme


Il faut d'abord éviter absolument de s'engager vers le mirage d'une réforme modérée.

Or, c'est dans cette direction que la quasi-totalité du public se dirige naturellement.

"Seule une réforme profonde pourrait apporter à l'orthographe du français les améliorations nécessaires" (Nina Catach, "L'orthographe" coll.: "que sais-je?")

S'engager vers une réforme modérée, ça équivaut à emmener une voiture pourrie au garage, pour y faire soit-disant "une" réparation.

Pour mettre fin préventivement à cette tentation et suivant la formule consacrée, je traite d'escrocs, de charlatans et de voyous ceux qui pourraient préconiser une telle solution et je suis prêt à faire la démonstration de ce que j'avance.

Au moment de la réforme Rocard, j'avais fait dans ce sens un tract intitulé: "Boycottez le rafistolage de l'orthographe!"

Contrairement aux apparences, une réforme radicale est infiniment plus facile qu'une réforme modérée.

Premier avantage, naturellement, avec une réforme radicale, la nouvelle norme d'écriture est déterminée simplement par la connaissance de la prononciation correcte.

Deuxième avantage, l'écart entre l'ancienne et la nouvelle orthographe étant plus important, cela empêche de multiplier les confusions entre les deux systèmes d'écriture, pour ceux qui auront à connaître ces deux systèmes.



2°) Le problème de l'adhésion du public


A partir du moment où l'on opte à priori pour une réforme radicale, l'adhésion du public est encore plus difficile que pour une réforme modérée. C'est pour cette raison qu'on a commencé de développer tout un système de tracts de plus en plus provocateurs.

En fait les résistances observées sont très révélatrices.

D'autres points sont très curieux:

a) la manière dont l'API a pu atterrir dans les manuels scolaires, en dépit de son aspect rébarbatif, et en dépit du fait que bien des méthodes d'apprentissage de langues étrangères l'aient laissé de côté.

b) l'expérience de l'alfonic d'André Martinet montre qu'une écriture phonétique du français a pu être utilisée pour l'apprentissage de la lecture et de l'écriture.

Mais elle amène une première question sur le fait que le choix des lettres était loin d'être optimisé, et une deuxième question sur les difficultés que les élèves avaient pour passer ensuite à l'écriture normale.

c) le plus curieux, c'est le silence des médias, des fédérations de parents d'élèves et des syndicats d'enseignants sur tous les sujets amenant à se poser des questions sur le bien-fondé de l'orthographe et sur la suffisance de la langue française.

Une autre difficulté dans notre action vient des concurrences de clans idéologiques qui se cachent plus ou moins derrière le débat d'idées, et qui faussent ce débat.

Il y a un an, j'essayais encore d'en faire abstraction et de ne déplaire à aucun clan, à aucun média. Actuellement, je m'en moque éperdument et je mise sur l'adhésion amusée des publics quelles que soient les couleurs politiques et les réticences de leurs appareils.

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