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Sages conseils pour les parents...

 
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Allo Maîtresse
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PostPosted: Sun 3 Feb - 17:19    Post subject: Sages conseils pour les parents... Reply with quote

« Un enfant est un être en constitution, il n'a d'autre liberté que celle
d'apprendre à constituer sa liberté - et à en connaître les limites. »

Et il n'y a d'autre respect de l'enfant que de respecter cette constitution.
Du nourrisson qui choisit ses heures, lieux et modes de tétée et de sommeil
au jeune enfant à qui revient la responsabilité de la constitution de ses
menus, de ses heures et lieux de repos et de ses distractions, au détriment
de sa santé parfois, le pas est vite franchi.
Ce tout-petit continue souvent à choisir, tout : son alimentation, encore,
son repos, toujours, ses jouets qu'il saisit d'une main ferme et pose dans
le caddie de supermarché lors des courses hebdomadaires, ses programmes
télé, films pour adolescents ou adultes compris, sa place dans la voiture,
debout à l'avant, les mains posées sur le tableau de bord, sa façon de
régler ses conflits avec maman car bien sûr, il arrive quand même qu'il y
ait des conflits quand l'envie de maman ne va pas dans le même sens que
celle de Monchéri Moncour - souvent lorsque celle-ci traîne importunément et
a l'audace de vouloir prendre part à une conversation entre adultes. J'en ai
même vu un de vingt-six mois se rouler par terre au milieu de la rue sans
attirer autre chose qu'un « Allez, lève-toi ! Mais qué tarnagas, celui-là
! », lancé depuis le trottoir ; sans compter tous ceux et toutes celles qui
lèvent la main et frappent, leurs petits sourcils froncés et leur bouche
crispée de hargne.
Ceux qui ont eu la chance de naître avec une constitution plus souple se
remarquent moins, et pourtant, eux aussi ont leurs trucs et leurs ficelles
pour assurer leur domination de maître du monde, les uns pleurnichent,
jouent les pauvres petites choses incomprises, les autres font rire par
leurs tours et leurs détours pour arriver à leur but.

Quelques courtes années plus tard, à l'école, cette façon de concevoir le
respect dû à l'enfant qu'ils sont commence à leur jouer des tours.
Que se passe-t-il ? Quel abus de pouvoir commet cette maîtresse, cette ATSEM
qui les retiennent lorsqu'ils marchent sur leurs petits camarades qui ont la
mauvaise idée de traîner bêtement sur le sol juste à l'endroit où EUX
veulent passer ?
Quelle est cette personne qui résiste et empêche qu'ils arrachent les jouets
des mains, qu'ils envoient le sable à pleines poignées, qu'ils se sauvent en
courant vers le fond de la cour lorsqu'elle frappe dans ses mains ?
Comment se fait-il qu'elle ne craque pas et ne les couvre pas de bisous
lorsqu'ils la regardent la tête penchée sur l'épaule et le sourire engageant
après avoir renversé sciemment le gobelet de peinture au milieu de la pièce
?
Selon leur personnalité, les maîtresses s'adaptent, plus ou moins, à ces
petits cours. Toutes pénétrées du fait qu'ils sont leurs égaux, elles font
appel à eux pour établir les règles de vie de la classe, souvent à grands
renforts de séances et de séquences qui doivent permettre de faire émerger
les bons comportements.
Une fois ces règles établies, elles sont persuadées que ces êtres humains
doués de raison vont les appliquer et sont fort déçues de voir que chaque
année, dans chaque classe, il y en a au moins trois ou quatre qui continuent
à exercer leur dictature sur les autres et à rendre la vie impossible au
groupe.
Ne pouvant pas déroger à leurs théories, elles s'obstinent, remettant une
couche par ci, ajoutant un nouveau point au règlement, établissant un «
permis à point » qui donnera le droit à des responsabilités, instituant un
« chuchotomètre » qui est censé subjuguer leur auditoire et lui faire
découvrir le sens de la mesure qu'il n'a pas.
Parfois, épuisées par deux ou trois loustics de cinq ans qui hurlent, leur
démontent toutes les activités programmées, terrorisent les plus fragiles,
vont jusqu'à les narguer, les injurier ou les frapper, elles essaient de
mettre en place une cellule de crise, appelant en renfort médecin et
psychologue scolaires, collègues, IEN et parents.
En pure perte, le plus souvent.
Si ces petits bonshommes sont dans cet état, ce n'est pas sans raison.
Lorsqu'on se retrouve devant de tels cas pathologiques, c'est
malheureusement l'artillerie lourde qu'il faudrait sortir, et l'artillerie
lourde est incompatible avec cette manière de concevoir le respect dû à l'enfant.
Il y a un schéma à casser, plus on a attendu et plus ce schéma est solide,
plus les défenses se sont renforcées et plus il sera malheureusement facile
à certains, devant l'incapacité de la société à faire céder ces défenses, de
faire passer dans l'opinion publique la théorie selon laquelle la
délinquance est génétique.
Et pourtant... N'y aurait-il pas des techniques, des méthodes, des façons de
faire la classe qui permettraient, sinon de « guérir » ces pauvres gosses,
du moins de leur donner une chance de trouver leur place, ailleurs que dans
les ITEP, les SEGPA et autres fonds de classe près du radiateur où ils
risquent fort d'échouer ? Comment peut-on penser que « cela va venir tout
seul » et que quelqu'un, même doué de raison, peut, seul, corriger une
vision du monde aussi faussée ?
Bien sûr, il est hors de question d'y aller à coups de paires de claques ou
de fessées. Les hurlements de sauvage en pleine figure, l'enfant fermement
maintenu par l'épaule de son pull et secoué au rythme de la parole, sont
aussi à déconseiller formellement.
On a vu que les appels à la raison, les longs discours, les
recherches-actions menées collectivement n'ont aucune efficacité. A
abandonner donc aussi, d'urgence.
Alors, que reste-t-il ? Qu'est-ce qu'une autorité respectueuse de l'enfant
(-roi ? -tyran ?) ? C'est une autorité respectueuse de cet être en
constitution qui n'a pas encore, du fait de sa jeunesse, de son manque d'expérience,
de son peu de recul, de son immaturité physiologique et psychologique, la
capacité du choix de LA bonne solution.
Nous ne ferons rien sur les « zéros à deux ans » (trois ans ? quatre ans ?
cinq ans ? Dites-moi que je cauchemarde... Si vraiment nous devons attendre
qu'il ait cinq ans pour faire comprendre à Monchéri Moncour qu'il n'est pas
le nombril du monde, j'ai bien peur que nous n'y puissions vraiment plus
rien !), c'est à la société, aux pédiatres, aux médias d'aider les familles
à sortir de la spirale infernale du « bébé est une personne », vite
transformée en « le bébé peut être un prescripteur, un consommateur, une
proie facile ». En ont-ils envie, nous verrons bien.
A l'école maternelle, en revanche, puis en élémentaire, il y a beaucoup à
faire et du vraiment facile. Il suffit d'inverser la vapeur, c'est tout.
La demi-journée commence par une demi-heure d'accueil, les enfants arrivent
à leur rythme et s'installent selon leur choix à tel ou tel atelier pour «
entrer doucement dans le monde de l'école » ?
On inverse ! Les enfants seront maintenant accueillis dans la cour ou dans
la salle polyvalente et entreront en classe en rang derrière leur maîtresse
qui les installera elle-même, avec l'aide de l'ATSEM à l'endroit où elle a
prévu de les regrouper pour un moment de langage qu'elle dirigera.
Les enfants investissent le vestiaire comme bon leur semble et se
déshabillent dans un joyeux foutoir sous l'oil débonnaire de la maîtresse
qui supporte cris, bousculades, vêtements piétinés et déshabille sans mot
dire tous ceux qui « n'ont pas envie » de faire l'effort d'apprendre à gérer
les contraintes matérielles ?
On inverse ! La maîtresse et l'ATSEM sont priées de considérer à partir de
dorénavant le vestiaire comme un lieu SCOLAIRE voué donc à l'apprentissage.
Elles anticiperont donc toute bousculade, tout cri, toute « incivilité » et
les sanctionneront, elles féliciteront chaudement et récompenseront toute
attitude conforme aux bonnes mours (j'ai remarqué que parents et
enseignants, tout pénétrés du fait qu'un enfant est l'égal d'un adulte,
considèrent avec autant de dédain et d'opprobre félicitations et récompenses
que reproches et punitions).
Les petits maladroits seront encouragés à se dévêtir seuls, on n'hésitera
pas à leur donner trucs et ficelles pour tirer sur une manche, déboutonner
ou dégrafer un vêtement récalcitrant, suspendre une écharpe ou un bonnet
sans qu'il échoue immanquablement sur le sol. Eh oui ! Les constructivistes
sont aussi passés par les vestiaires et presque tout le monde a oublié que
certains gestes n'étaient pas naturels et qu'il était nécessaire de montrer
à un enfant de trois ans comment marche une fermeture à glissière si l'on
veut qu'il sache la manipuler avant l'âge de six ans révolus !
On pourrait ainsi continuer pour toutes les activités de la journée de
classe, que ce soit en maternelle ou en élémentaire.
L'adulte sait, il peut t'apprendre, il doit t'apprendre ; tu ne sais pas, tu
peux écouter, tu dois écouter. Le monde existait avant toi, il a ses règles,
ses codes, l'adulte est là pour te les transmettre, tu n'as aucun souci à te
faire, il te les transmettra. Tu es trop jeune pour t'assumer seul, nous ne
te le demanderons pas, tu as droit à notre soutien, à notre aide, à notre
compréhension. Tu as ta place, nous ne te la prendrons pas, nous t'aiderons
à la conserver mais, en revanche, nous ne t'autoriserons pas à empiéter sur
la place des autres, à gâcher tes chances d'intégration, tout en faisant
tout ce qui est en notre pouvoir pour te faciliter la tâche : nous t'apprendrons
à comprendre le temps qui passe et l'espace qui t'entoure, à utiliser les
outils dont tu as besoin, à connaître tes droits et tes devoirs, à vivre au
milieu des autres en te considérant comme un membre du groupe, à comprendre
et à hiérarchiser tes envies, tes buts, tes motivations.
Ce que tu vis à l'école, tous tes camarades le vivent, nous ferons tout ce
que nous pourrons pour que tu t'y adaptes et que tu y progresses. Ici, tu es
comme les autres, il ne sera en aucun cas fait état de ton origine pour te
donner plus ou moins qu'aux autres mais aussi pour excuser tes
comportements, tes manques, tes difficultés. Nous y prendrons le temps qu'il
faudra et nous réclamerons, aussi souvent qu'il le faut, ta coopération.
Il en va de ta liberté d'apprendre à constituer ta liberté."
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schtroumpfette
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PostPosted: Mon 4 Feb - 09:51    Post subject: Sages conseils pour les parents... Reply with quote

Est-ce de vous, ce texte, Allo Maîtresse ?
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Allo Maîtresse
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PostPosted: Mon 4 Feb - 09:58    Post subject: Sages conseils pour les parents... Reply with quote

Non, non, il vient d'un autre forum, je l'ai mis entre guillemets.
Je ne savais pas où le situer exactement, car il concerne à la fois les parents, les enfants et les enseignants.
Alors je l'ai "collé" 3 fois.
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schtroumpfette
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PostPosted: Mon 4 Feb - 10:03    Post subject: Sages conseils pour les parents... Reply with quote

En tout cas, ce n'est malheureusement pas de la fiction !

"Selon leur personnalité, les maîtresses s'adaptent, plus ou moins, à ces
petits cours. Toutes pénétrées du fait qu'ils sont leurs égaux, elles font
appel à eux pour établir les règles de vie de la classe, souvent à grands
renforts de séances et de séquences qui doivent permettre de faire émerger
les bons comportements.
Une fois ces règles établies, elles sont persuadées que ces êtres humains
doués de raison vont les appliquer et sont fort déçues de voir que chaque
année, dans chaque classe, il y en a au moins trois ou quatre qui continuent
à exercer leur dictature sur les autres et à rendre la vie impossible au
groupe."


Voilà typiquement la "fausse bonne idée". Pardon d'avance aux profs qui me liront et pratiquent ceci. Je sais bien que l'intention est bonne : on se dit que si l'élève édicte lui-même les règles, il s'y conformera de meilleure grâce. Cette idée est séduisante, et elle m'a été servie dès mon année de stage.

Mon année de stage... un jour je vous la raconterai peut-être. J'ai commencé ma carrière par le plus difficile. En tout cas, j'étais mal partie. Ayant appliqué naïvement les mauvais conseils que l'on m'avait donnés, n'étant pas du tout préparée à affronter ce type d'élève, j'avais décidé, pendant les vacances de Toussaint, de reprendre les choses en main de manière plus musclée, et pour ce faire j'avais rédigé "La charte du bon élève". Mon conseiller pédagogique, à qui je l'avais lue par téléphone, m'avait tout de suite reproché de ne pas "la faire rédiger par les élèves eux-mêmes" ! Mais justement ! Mon but était de reprendre fermement les rênes, pas de les leur donner ! C'était MOI qui devais fixer les règles, pas EUX !

Bref, voilà ce que ma petite expérience m'a appris :
1) Ce que l'on présente aux élèves comme un truc original, comme on le leur fait faire tous les ans, arrivés au collège ils en rigolent "Ah ouais, encore votre truc de contrat !"
2) On en arrive donc à ce truc absurde qu'à 7 ans ils édictent eux-mêmes leurs règles de vie de classe, et qu'à 17 ans, on leur impose un règlement qu'ils doivent signer. Ce qu'ils font d'ailleurs de fort bonne grâce, on dirait même que ça les soulage.
3) Il s'agit selon moi d'un avatar de la "démocratie participative", qui, comme chacun sait, est la plupart du temps une façon de faire passer ce que l'ON a décidé, tout en faisant croire aux gens que cela vient d'EUX. Que se passerait-il si les élèves décidaient d'un commun accord, par exemple, qu'ils ont le droit de quitter la classe sans permission (Art. 1 de la Constitution de la classe) ? On leur dirait que ce n'est pas possible : ils n'ont d'autre choix, en fait, que de décider de règles qui existent déjà et auxquelles ils ne peuvent se soustraire. Eh bien mais ils le savent parfaitement, et lorsqu'on leur propose un tel exercice, ils n'énoncent que les règles habituelles, sachant très bien qu'ils n'ont pas le choix + cherchant à se faire bien voir du professeur ("vous voyez, Madame, comme j'ai bien intégré les règles de la vie en société, je sais ce que vous attendez de moi, je vous le ressors").
Alors gagnons du temps, n'est-ce pas ?

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