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Eclairages interdits sur mai 68

 
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ortograf-fr
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PostPosted: Tue 8 Apr - 12:32    Post subject: Eclairages interdits sur mai 68 Reply with quote

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Eclairages interdits sur mai 68

Par Ortograf-fr



Posté sur le forum Education de France2 le 07-04-2008 à 15h57, le présent article a été censuré en moins de 2 heures
reposté le lendemain à 8h38, censuré avant 13h05
posté une troisième fois à 13h10







La situation explosive qui a abouti aux évènements que l'on sait était le résultat d'une connivence entre dirigeants de droite et dirigeants de gauche, dans une vieille complicité obscurantiste et antidémocratique.

Quarante ans plus tard, la situation ne s'est pas améliorée, elle a empiré, mais elle peut durer sans explosion sociale aussi longtemps qu'il n'y aura pas de vrai détonateur.








A - La réforme ratée de Christian Fouchet, ses ambigüités et ses silences.

L'explosion de mai 68 n'aurait jamais pu avoir lieu sans l'entrée en vigueur de la réforme Fouchet pour les universités à la rentrée de l'automne 67.

Comme toutes les réformes bidon successives de l'Education Nationale, celle-ci était prétextée par les meilleures intentions.

En cherchant sur internet les liens entre la réforme Fouchet et mai 68, on trouve difficilement une mention de cette réforme. Par exemple, sur "erudit.org":

"La mise en oeuvre des réformes Fouchet (du nom du ministre gaulliste de l’Intérieur), visant à rendre plus efficace le fonctionnement des universités françaises, a provoqué le refus de participer aux cours de la part d’un certain nombre d’étudiants nanterrois.

Enfin, de ce mouvement contre les réformes Fouchet naît un petit groupe d’étudiants particulièrement actif et contestataire sur le plan politique, les « Enragés ». Selon eux, il faut s’attaquer à l’université comme telle, en tant qu’instrument de domination au service du gouvernement et du système capitaliste. Pour ce faire, les Enragés empêchaient la tenue des cours magistraux au nom de la révolution."


Cet article a déjà le grand mérite d'exister, il ne faut pas lui en demander plus.

Il ne fait aucune analyse critique des réformes Fouchet, mais rapporte uniquement la bonne intention affichée: "rendre plus efficace le fonctionnement des universités françaises"

Or, déjà plus d'un an auparavant les tracts en milieu universitaire montraient une effervescence sur la question. Selon une rumeur que l'on pouvait entendre à cette époque, le ministre aurait dit au contraire: "Y a trop de gens qui veulent trop en savoir".

Quarante ans plus tard, l'article oublie de considérer que l'ensemble des différentes réformes Fouchet et de leurs prolongements ultérieurs ne semble toujours pas avoir fait ses preuves, si l'on en juge par l'animosité manifestée autour des problèmes du Mammouth.

Cette réforme n'avait décidément pas obtenu le consensus dans son berceau, le résultat n'a jamais été au rendez-vous, sa mise en place a entrainé une énorme pagaille. Mais le plus cocasse est dans les changements qu'elle a apportés.

Il se trouve que ces changements allaient exactement en sens inverse de ce qui s'est fait en Finlande. et qui explique l'excellence actuelle de l'enseignement finlandais et la bonne santé économique de ce pays.

L'enseignement à la carte disparaissait du second cycle universitaire français. Aujourd'hui, c'est bel et bien la mise en place d'un enseignement à la carte au niveau lycée, qui explique les performances largement reconnues du modèle finlandais.

Avant la réforme Fouchet, l'enseignement à la carte existait au niveau universitaire, à partir de la deuxième année de fac. Après l'année de propédeutique, les étudiants s'inscrivaient chaque année aux certificats de leur choix, dans l'ordre qui leur convenait.

Cet enseignement à la carte a donc été supprimé à la rentrée 1967. Après deux années de propédeutique, un étudiant devait désormais opter soit pour une licence nécessitant une année d'études, soit pour une maîtrise nécessitant deux années d'études. A l'intérieur de ces deux menus, aucun choix n'était possible.

Il se trouve surtout que cette considération est passablement occultée par les gens qui s'agitent autour du Mammouth. Voir par exemple le tract intitulé: "L'enseignement à la carte en Finlande ... et en France".

Ce genre d'analyse ne risque pas de franchir la censure orchestrée par nos médias, par nos fédérations de parents d'élèves, et par nos syndicats et autres organisations d'enseignants.



B - Fin de la parenthèse Jules Ferry

Aux alentours de 1960-70, l'allongement de la scolarisation est allé de pair avec la disparition de l'enseignement de Jules Ferry, qui était symbolisé par le certificat d'études et qui assurait aux milieux populaires une solide culture de base.

A la même époque, et comme par hasard, au niveau des méthodes, l'aventurisme pédagogique prenait son essor: voir par exemple la méthode globale, ou encore l'alfonic d'André Martinet.

Cet allongement de la scolarisation se traduisait aussi par un rejet des cultures populaires et des repères de base qui s'avèrent être souvent très précieux dans la vie de tous les jours. Le produit de remplacement le plus caractéristique a été les maths modernes, mais, dans d'autres disciplines, il a souvent eu des équivalents, tels que la grammaire structurale en français ou encore l'étude du plus simple des verrous: la targette à pêne plat, en technologie pour la classe de quatrième.

La tournure très intellectualiste de cet enseignement désormais imposé à la multitude donnait aux individus - et contre toute évidence - l'illusion d'une promotion sociale individuelle.

En réalité, en raison des bagages initiaux identiques, les individus se trouvent être concurrents au niveau de l'embauche. Ceci explique le fort taux de chômage des jeunes et occasionne encore un allongement supplémentaire des études, que l'on ne manque pas de justifier par les bienfaits d'une culture générale étant donné que son efficacité économique reste très hypothétique.

Parallèlement, des secteurs entiers de l'économie, tels que l'industrie du bâtiment par exemple, sont condamnés à importer de la main d'oeuvre étrangère.

D'autre part, étant donné que toute notion culturelle concernant ces secteurs ne peut qu'être systématiquement rejetée dans un enseignement fait de généralités, les citoyens ordinaires, à égalité avec les élus, n'ont qu'une piètre capacité d'analyse et de jugement sur les produits que l'on va trouver sur le marché.

Tout se passe comme si l'école française était désormais conçue pour donner le champ libre aux affairistes voyous.

Toute l'évolution de l'enseignement français depuis les années 1960 a fait le lit d'une société mafieuse que l'actualité vient illustrer jour après jour.



C - Hypothèse obscurantiste: la maladie du Mammouth à la lumière de son histoire

"A la veille de la Révolution Française, pour beaucoup d'auteurs, et non des moindres - Voltaire et Rousseau par exemple - il ne faut pas instruire le peuple". ( Dans "La lecture du peuple au siècle des lumières", "Bulletin des Bibliothèques de France", par Noë Richter, 1976)

L'option contraire, visant à une large instruction du peuple, a tout de même quelques partisans très minoritaires: l'abbé Grégoire, le pasteur Oberlin, le cistercien et agronome Féroux. Leurs ambitions pour le peuple sont à la fois fondées sur les principes philanthropiques et humanistes et en même temps justifiées par la perspective d'un meilleur service rendu à la collectivité.

Selon la même excellente source, l'idée selon laquelle l'ignorance du peuple est "non seulement utile, mais même nécessaire" a été "exprimée dès le début du dix-septième siècle, aux Etats-généraux de 1614, répétée par Richelieu, par Colbert, par les prédicateurs, les pédagogues et les philosophes du dix-huitième siècle, elle passe dans les cahiers de doléances et se retrouve intacte dans la pensée conservatrice du dix-neuvième siècle qui ressassera cette vérité jusqu'à ce que l'école obligatoire l'ait rendue caduque" ( Même source: B.B.F., 1979).

Cet état d'esprit aurait-il disparu soudainement avec l'école obligatoire de Jules Ferry ? La question est classée un peu vite par Noë Richter, qui semble sur ce point emboucher la trompette de la propagande officielle, sur les airs de : "Tout va très bien, Madame la Marquise".

Comme si un simple coup de baguette magique avait pu être suffisant pour changer instantanément une mentalité séculaire !

En réalité, si l'école de Jules Ferry a pu être mise en place, c'est au forceps, parce que la classe dirigeante s'y trouvait contrainte à la fois par la défaite de la guerre de 1870 et par l'échec social mis en évidence par la Commune de Paris. Entre 17 000 et 30 000 parisiens fusillés au cours de la semaine sanglante en mai 1871, un pour cent de la population de la ville!

Manifestement, tous partis politiques confondus, les classes dirigeantes françaises, hostiles à l'instruction populaire ont eu peur de se voir déposséder de leur pouvoir par le prestige grandissant de la Prusse. Les humanistes sincères en ont profité pour mettre en place un enseignement populaire qui tenait bien la route. Jules Ferry a justifié sa politique en déclarant à l'Assemblée Nationale: "je ne veux pas laisser faire du feu sous une marmite sans eau".

On est alors en droit de se poser toutes sortes de questions sur les gesticulations impuissantes autour de la maladie du Mammouth. L'obscurantisme n'aurait-il pas fait un retour en force, à partir du moment où toutes les forces avides de pouvoir arrivaient à s'entendre pour le partager entre elles?







D - L'obscurantisme n'existe pas, il est donc facile de l'éviter

D'un point de vue pratique et pour l'évolution à venir, il est très facile d'éluder ce problème d'une éventuelle intention obscurantiste qui chercherait à diminuer le plus possible l'efficacité de notre école.

Il suffirait tout simplement d'introduire systématiquement le débat démocratique sur chaque projet de réforme avant qu'il n'entre en application.

Autrement dit, on introduirait une étude critique analogue à ce qui peut se faire dans le cadre d'une association de consommateurs.

Mais naturellement, ceci exige l'existence d'un cadre dans lequel un tel débat ouvert et équitable puisse se faire. Et pour le moment, ce cadre n'existe pas du tout en dehors d'internet.

Il faut exiger que les médias français, et notamment ceux des fédérations de parents d'élèves et ceux des syndicats et autres organisations d'enseignants fassent enfin cesser leur censure, leur désinformation, et les grossières ficelles de leur manipulation, pour tout ce qui concerne la politique éducative et les programmes scolaires.

Le fait qu'il ait fallu une quinzaine d'années avant de s'apercevoir que les maths modernes n'avaient peut-être pas été la meilleure des choses n'est qu'un exemple particulièrement révélateur.







E - Des indices plus que gênants

La manière dont on a pu observer les mécanismes d'une désinformation systématique et savamment organisée sur le forum Education de France2 nous indique, par simple extrapolation, que la désinformation constatée dans nos médias, dans nos fédérations de parents d'élèves et à l'intérieur du Mammouth ne doit rien au hasard.

Voir, parmi d'autres, le tract intitulé: "Les confessions involontaires d'un pédago voyou"







F - Depuis 1968, les alternances politiques n'ont rien réglé


Dans les environs de 1968, le mauvais fonctionnement de l'école était imputé au capitalisme notamment par le SNES, qui représentait en quelque sorte la pensée unique du Mammouth, et, dans l'autre sens, dans la clientèle de droite, ce même mauvais fonctionnement était imputé à la gauche, en arguant du fait qu'elle avait un fief important dans l'Education nationale.

Peut-être existe-t-il encore des gens pour continuer à le voir ainsi. S'il s'en trouve, ils répèteront comme des perroquets quelques slogans cinglants accusant mai 68 d'être à l'origine de nos problèmes actuels, ou bien, s'ils appartiennent à l'autre camp, ils répèteront comme des perroquets les slogans archi-connus accusant "l'oppresseur" capitaliste.

Si l'une ou l'autre des hypothèses précédentes était valable, le problème de la maladie du Mammouth aurait été réglé déjà depuis longtemps, à l'occasion de l'une ou de l'autre des diverses alternances politiques.

L'explication a trouver est donc totalement différente: les alternances politiques donnent l'illusion de la démocratie. Et c'est une connivence qui permet aux voyous de droite et de gauche de se partager le pouvoir, en bernant et en entretenant dans l'ignorance leurs clientèles traditionnelles respectives.

Et là, c'est clair comme de l'eau de roche. Un recoupement significatif est donné par le drame de Guy Môcquet et de son mythe.



G - La démocratie: qu'est-ce que c'est?


A la libération, la place prise dans la résistance par les communistes obligeait le général de Gaulle à leur donner leur part de pouvoir. La prise en compte de leurs analyses amenait à adopter ce qu'on a appelé l'économie mixte. D'autre part, une espèce de Yalta intérieur tacite leur a donné la mainmise sur l'Education Nationale et sur les secteurs nationalisés.

Jusque là, rien que de très normal, semble-t-il. En réalité, ce compromis était forcément bancal parce que basé sur un malentendu.

En France, le pouvoir ne se partage pas avec le peuple, il se garde ou il se prend entre grands seigneurs. On a là l'héritage d'une mentalité ancienne dans laquelle l'immaturité politique est entretenue avec le plus grand soin..

Les différentes ruses mises en jeu par ceux qui veulent accaparer et concentrer artificiellement le pouvoir sont tout simplement celles du machiavélisme. Le problème, c'est qu'elles provoquent en permanence un effet peau de banane.

Ceux qui se font plus ou moins rouler dans la farine n'y voient pas très clair dans les tours qu'on leur joue, mais ils sentent bien qu'ils se font rouler. C'est le point de départ de tous les incivismes, qui peuvent être à leur tour dangereux pour le pouvoir lui-même: l'effet peau de banane aboutit à un effet boomerang.

Toutes ces considérations expliquent le déroulement des évènements:

1°) Dans la mise en place de la réforme Fouchet, ni la tête politique de la France, ni celle de l'Education nationale, ne souhaitaient un enseignement supérieur performant.

Pour eux, il s'agissait d'écarter le plus possible les classes moyennes et populaires du savoir, dans la mesure où celui-ci est synonyme de pouvoir.

La dualité politique a permis une dilution des responsabilités. Ceux qui étaient dans la confidence de la réforme ont joué double jeu, en accusant le gouvernement des dysfonctionnements.

Le débat qu'il portaient sur la place public servait à donner du pouvoir à leur clan, mais il évitait toute analyse de fond.


2°) Pour le démarrage de l'Université de Nanterre, le Président de Gaulle a fait appel à un germaniste, communiste et ancien résistant, qui a lui-même fait venir ses camarades.

Or, compte tenu de l'effet peau de banane et de la mentalité liée à la lutte des classes, les enseignants de Nanterre reprochaient à leur patron d'être en collusion avec le Chef de l'Etat.

Ils avaient naturellement toute la possibilité d'attiser à leur guise les étudiants déçus par la Réforme.


3°) Les étudiants arrivant à Nanterre ne trouvaient ni un cadre, ni un fonctionnement universitaire à la hauteur des prétentions qu'une démagogie avait naturellement liée au niveau de leurs études.

La pagaille avec laquelle la réforme elle-même a été mise en place constituait l'étincelle qui a permis d'allumer la mèche de la bombe. Au mois de mai suivant le mécontentement était suffisamment général pour que tout s'enflamme.


4°) Cette hypothèse d'une collusion au sommet est encore confirmée par un livre récent consacré à la visite mystérieuse du Président à Baden-Baden, auprès du général Massu. Elle a surtout servi à vérifier que les ententes qui existaient entre les différents appareils d'états continuaient à être respectées de part et d'autre.

Le Kremlin n'apportait aucun soutien aux contestataires français. Le gouvernement français n'apportait aucune caution au printemps de Prague. Et notre propagande officielle essayait de nous faire croire que l'exemple français inspirait l'étranger.







H - Conclusions


1°) Au risque de décevoir ceux qui adorent faire du cinéma pour en découdre dans la guéguerre bien connue, le véritable enjeu de la politique française actuelle n'est pas dans un choix entre la droite et la gauche, il est dans l'interrogation: avons-nous la maturité politique et la volonté suffisante pour contribuer à obtenir l'information, le débat et l'analyse qui caractérisent une véritable démocratie?

2°) Les syndicats sont instrumentalisés par les gouvernements quels qu'ils soient pour tenir les enseignants de la base sous leur coupe commune.

La manière la plus immédiate de parer à cette situation consiste à déborder la langue de bois des uns et des autres par un discours sauvage de vérité devenu facile à mettre en oeuvre grâce à internet.




Ortograf-fr, F-25500-MONTLEBON
tél 03 81 67 43 64 sites:
1°) http://alrg.free.fr/ortograf
2°) http://www.alfograf.net
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4°) http://alrg.free.fr/ortograf-2008

doc 391 - 2008 - 04

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